Les hyménoptères et l’altitude

Bourdon terrestre – Hyménoptère

En juin dernier, l’équipe du Wild Bees Project s’est retrouvée pour une sortie nature dans le Jura, sur le massif de la Dôle dans le petit vallon de Couvaloup de Crans (1300 m). Tout en lenteur mais surtout tout en observation, le nez au raz des fleurs, nous avons scruté, décrit et photographié ce petit monde des insectes, tous pollinisateurs. Bourdons terrestres, syrphes et papillons étaient bien présents, mais les autres abeilles sauvages beaucoup moins. Pourtant elles sont 600 espèces en Suisse et 1000 en France ! Mais où donc se cachaient-elles ?

A vrai dire, l’altitude y est sans doute pour quelque chose, car dès 1400 mètres environ, les abeilles sauvages se font plus rares, les mouches (diptères) devenant les principaux pollinisateurs. Quelques études existent sur la question de la présence des insectes anthophiles (qui aiment les fleurs) et l’altitude, l’une d’elles, publiée en 2018, nous montre que la pollinisation de la plupart des plantes alpines dépend des insectes, dont la répartition altitudinale est limitée par la température, la diminution de la surface terrestre disponible et la baisse de la pression atmosphérique. D’autres facteurs affectent les organismes vivants tels que les précipitations, l’humidité du sol, la persistance de la couverture neigeuse ou des particularités locales.

Le Syrphe – Diptère
Le Ramoneur – Lépidoptère

Alors que la fréquence des visites et la richesse des espèces d’hyménoptères (abeilles), de coléoptères (scarabées, coccinelles, hannetons etc.) et de lépidoptères (papillons) diminuent rapidement avec l’altitude au-dessus de 1400 m, la richesse et l’abondance des espèces de diptères augmentent pour atteindre un pic autour de 2100 m. À une altitude d’environ 1500 m, l’ordre principal de visite des fleurs est passé des hyménoptères, des diptères ou des coléoptères, en fonction du site (et de la prise en compte ou non du nombre d’abeilles domestiques), aux diptères sur tous les sites.

La rareté des abeilles sauvages solitaires en altitude pourrait résulter de diverses contraintes liées à la recherche de nourriture ou à la nidification, tandis qu’à l’inverse, le succès des bourdons, qui est une abeille sauvage, est probablement favorisé à la fois par leur développement rapide permis par la socialité, et par leur capacité à voler et à butiner à des températures plus basses que les petites abeilles.

Les montagnes sont des points chauds de la biodiversité avec un endémisme élevé qui abritent un quart de la diversité biologique terrestre, la plupart des plantes à fleurs alpines dépendent des insectes pour la pollinisation formant des réseaux complexes de dépendances entre les espèces. Avec le réchauffement climatique, les abeilles devraient se déplacer vers des altitudes plus élevées, tandis que les groupes de mouches déjà présents aux niveaux d’altitude les plus élevés peuvent soit disparaître, soit modifier leur phénologie ou leur comportement, y compris leurs relations avec les fleurs.

Vallon de Couvaloup de Crans
https://www.nature.com/articles/s41598-018-23210-y

Des abeilles noires au rucher du Fort l’Écluse

Vue du rucher du Fort l’Écluse

Ce dimanche 3 juin 2023, toute l’équipe du Wild Bees Project s’est donnée rendez-vous au rucher du Fort l’Écluse pour une rencontre et une action d’importance : L’accueil d’un essaim d’abeilles noires.

Quelques jours avant ce rendez-vous, notre président de l’association, Claude Jacquet, avait rencontré le président du centre d’étude de techniques apicoles (CETA), M. Klébert Sylvestre. Depuis près de 20 ans M. Sylvestre s’investit pour la sauvegarde de l’abeille noire. Le CETA, avec Pollinis et la Fédération européenne des conservatoires de l’abeille noire travaillent ensemble sur des projets visant à protéger et mieux faire connaître cette abeille endémique auprès des apiculteurs et du grand public. Rappelons-le, l’abeille noire (Apis mellifera mellifrea) ou l’abeille locale, sous espèce d’Apis mellifera ssp. est présente de la Scandinavie aux Pyrénées depuis un million d’années. Plus résistante aux maladies et bien adaptée au climat montagnard, elle est un patrimoine génétique à préserver. Elle a survécu aux dinosaures et traversé les glaciations. Aujourd’hui, Apis mellifera et ses sous espèces comme l’abeille noire sont menacées d’extinction par les pesticides, la perte de biodiversité, les virus, les parasites et l’importation massive de reines et d’essaims étrangers souvent inadaptés à nos territoires et plus fragiles, on parle ici du « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles ».

M. Sylvestre s’est donc arrêté dans le Pays de Gex pour nous remettre un essaim d’abeilles locales venant tout droit du conservatoire de l’abeille noire dans la Vallée des Encombres, aux Belleville en Vanoise. Installé dans une ruchette, nous avons acheminé cet essaim jusqu’au rucher du Fort l’Écluse afin qu’il prenne place dans la ruche tronc, habitat proche de l’habitat naturel, fabriquée par Thierry Pochet, cf. https://www.wildbeesproject.org/une-ruche-tronc-au-fort-lecluse/ Et pour qui n’a pas l’habitude, ce transfert fut un spectacle de toute beauté ! Je vous explique, avec images à l’appui, comment près de 5’000 abeilles sont passées tranquillement d’un habitat à l’autre sans heurt ni tracas !

Vers 10h30 nous sommes arrivés au rucher avec les abeilles noires et leur reine. Après inspection du site, vérification des autres ruches et nettoyage, toute l’équipe s’est parée des blouses blanches d’apiculteurs. Les enfumoirs ont été allumés et la douce odeur du foin brulé s’est répandue sur la terrasse du Fort. La première étape fut d’ouvrir la ruchette et d’en sortir un cadre avec le couvain, de le fixer dans la ruche tronc puis de prendre la reine noire, préalablement installée dans une petite boîte, et de la libérer sur le cadre installé, de fermer la ruche tronc. La seconde étape fut de créer un chemin visible et évident pour le reste de la colonie (nappe de papier blanc), de secouer les cadres à l’entrée de ce chemin et de les laisser faire… Des milliers d’abeilles noires se sont alors dirigées d’elles-mêmes pour rejoindre leur reine. Tranquillement et de façon organisée, les unes battant le rappel et montrant le chemin, les autres avançant vers l’entrée de la ruche. En une vingtaine de minutes, toutes étaient à l’intérieur, dans leur nouvelle demeure.

Pour le Wild Bees Project cette opération a du sens. Comme M. Klébert Sylvestre, nous aspirons à protéger et mieux faire connaître l’abeille noire. Intégrer un essaim dans une ruche tronc lui offrira, nous l’espérons, d’excellentes chances de passer les saisons le plus naturellement possible et de façon autonome. L’hybridation va avoir lieu bien sûr, mais plus il y aura de gènes d’abeilles locales plus les chances de survie d’Apis mellifera seront grandes.

A ce jour la ruche a pris 2,5 kilos!

Les abeilles dans le monde

Il y a quelques années, lors d’un séjour au Népal, un ami apiculteur-voyageur a rencontré et échangé avec un apiculteur de la région de Dhikur Pokhari à l’ouest de Pokhara. Celui-ci élevait, de façon artisanale, des abeilles de l’espèce Apis cerana. C’est le récit de ce souvenir de voyage qui m’a donné envie de parler des espèces d’abeilles mellifères à travers le monde afin d’y voir plus clair sur la complexité et l’évolution du genre Apis !

De façon très résumé voici ce qu’il en ressort…

Apiculteur de la région de Dhikur Pokhari /Photo: Philippe Massetti

Au fil des bouleversements géologiques et climatiques, des populations d’abeilles du genre Apis se sont retrouvées isolées, par les barrières géographiques naturelles telles que des chaînes de montagnes, dans différentes régions du monde, il y a de cela 9 à 6 millions d’années.

Apis mellifera, présente à l’origine en Europe et en Afrique, a été utilisée par l’homme pour la récolte de son miel dès le Néolithique, probablement entre 6000 et 10’000 ans avant Jésus Christ. Au siècle dernier, elle fut dispersée dans le monde entier à la faveur de l’apiculture. Car cette abeille sauvage du genre Apis, qui fait partie des 20’000 espèces d’abeilles qui existent sur terre, est la seule à fabriquer, avec la petite Melipona (Melipona quadrifasciata) d’Amérique centrale et du sud, le miel et ses dérivés, tels que la cire, la gelée royale et la propolis. L’espèce Apis mellifera est divisée en quatre lignées (A, M, C et O) et 29 sous-espèces dont l’Apis mellifera mellifera ou abeille noire, l’abeille endémique d’Europe du nord.

Pour en savoir plus: https://www.pollinis.org/publications/labeille-noire-une-perle-de-plus-en-plus-rare-quil-faut-proteger-durgence/

Ailleurs dans le monde, 3 autres groupes d’espèces d’abeilles du genre Apis existent ainsi que leurs innombrables sous-espèces. Il s’agit d’Apis dorsata, « abeille géante » d’Asie et d’Australie ; Apis florea, « abeille naine » d’Asie ; et Apis cerana, « abeille asiatique ». Toutes ces abeilles fabriquent le miel.

Qu’en est-il donc de ces trois groupes d’espèces et à quoi ressemblent-elles ?

Apis dorsata est répartie dans le sous-continent indien, du Pakistan au Sri Lanka et de la Chine à l’Australie. C’est une abeille géante et défensive qui bâtit un seul grand rayon d’une largeur de 1,80m, suspendu aux plus hautes branches des arbres émergeant de la canopée, les arbres à miel. Ces abeilles sont capables de migrer de façon saisonnière sur de longues distances, puis de revenir au site initial. Elles produisent du miel et les chasseurs de miel des villages locaux le récoltent au péril de leur vie. On dénombre quatre sous espèces qui ont évolué chacune en fonction des conditions locales.

Apis dorsata/Photos: BKsimonb & M.M. Karin

Apis florea est une espèce de petite taille, trois fois plus petite qu’Apis mellifera, elle est répartie de la mer d’Arabie en passant par l’Inde et l’Indonésie, elle vit jusqu’à 500 mètres d’altitude. Cette espèce n’est utilisée qu’exceptionnellement pour l’apiculture. Elle construit un rayon unique et elle a la particularité de danser sur la partie supérieure horizontale du rayon. Car oui, toutes les abeilles dansent ! Il s’agit d’un langage découvert dans les années 40 par l’autrichien Karl von Frisch. La danse en rond est exécutée par les butineuses qui ont trouvé une source de nourriture et transmettent aux ouvrières le type de plante découverte. La danse frétillante ou danse en huit renseigne sur la distance, la direction et la qualité des ressources disponibles.

Apis florea/Photo: Gidip

Les espèces d’abeilles de taille moyenne sont représentées par Apis cerana, l’espèce élevée par notre apiculteur Népalais. Ces abeilles construisent leur nid dans des cavités sur plusieurs rayons. L’Inde est le berceau d’Apis cerana répartie entre le japon et l’Afghanistan. Des études ont montré que cette espèce est l’hôte naturel de l’acarien parasite Varroa destructor. Fait très intéressant, elle a adapté son comportement et vit en équilibre avec le parasite alors que l’abeille occidentale Apis mellifera est très sensible à ce ravageur qui décime ses colonies.

Apis cerana / Photo: natureloveyou

A noter aussi que la sous espèce japonaise Apis cerania japonica, a la particularité de se défendre contre les attaques du frelon asiatique (Vespa velutina) et du frelon géant (Vespa mandarinia). Les abeilles forment une boule compacte autour de l’indésirable, puis font vibrer les muscles de leurs ailes. La chaleur produite tue le frelon, sa température létale étant légèrement inférieure à celle de l’abeille. Cette méthode de défense est appelée défense par hyperthermie.


Ces exemples montrent la capacité des espèces sauvages non domestiquées, et donc sans intervention humaine, à s’adapter et à lutter seules contre les prédateurs ou les maladies. Les traitements chimiques ne faisant qu’affaiblir le patrimoine génétique naturel de défense du genre Apis et par la même occasion rendre le parasite plus résistant aux traitements antibiotiques.

Apis cerana japonica/Photo: Takahashi

Il vient de loin ce petit grain!

Le pollen constitue une formidable invention du monde végétal pour se reproduire : Produit par la partie mâle de la fleur (l’anthère), lorsqu’il rencontre la partie femelle (le pistil) de la même espèce, la fécondation peut avoir lieu et donne des graines. Facile ! Cette rencontre, pourtant, aura mis trois milliards d’années et d’innombrables défis avant de voir le jour.

Au commencement, les premières plantes apparaissent dans l’eau avec les cyanobactéries qui pratiquent déjà la photosynthèse. Un milliard d’années passe et les premières algues se forment, elles rejetteront durant des millions d’années de l’oxygène qui créera la couche d’ozone.

Hors de l’eau, il y a 480 millions d’années, arrivent alors les premiers végétaux, les mousses et les sphaignes (les bryophytes). Ces plantes sont capables de se développer sans sol et c’est par leur dégradation que ce dernier va commencer à se former et créer le socle fondamental pour les autres organismes à venir.

Puis l’évolution continue avec l’apparition de la tige et des racines, l’une pour aller chercher la lumière et l’autre pour puiser l’eau et les minéraux afin de grandir. Un exemple courant qui a traversé les ères jusqu’à aujourd’hui est la prêle. C’est alors l’explosion végétale, avec des plantes atteignant des hauteurs de 40 mètres ! C’était il y a 375 millions d’années….

Le climat devient ensuite plus sec et se sont les conifères qui vont en premier développer la pollinisation. Les plantes à fleurs (angiospermes), simples au début, font leur apparition il y a 140 millions d’années. Elles se répandent rapidement, la pollinisation se fait grâce au vent, à l’eau ou aux animaux et surtout aux insectes. En inventant la fleur, les plantes ont réduit la quantité de pollen mais ont séduit, par tout un attirail de techniques sophistiquées (formes, couleurs, parfums, nectar), les insectes qui se sont mis à endosser le précieux rôle d’entremetteur devenant d’indispensables alliés pour la reproduction des végétaux.

Géranium Herbe à Robert (Geranium robertianum)
Pâquerette (Bellis perennis)
Cétoine dorée (Cetonia aurata)

Finalement, entre 80 et 40 millions d’années apparaissent les graminées, capables de coloniser une grande diversité de milieux, elles recouvrent aujourd’hui plus de 40% de la surface de la terre.

Graminées

En palynologie (science dédiée au pollen), il est possible d’identifier une espèce végétale par l’observation au microscope de son pollen. Les pollens sont étudiés pour classifier les plantes, en recherchant les fossiles de pollen on obtient des informations sur le climat et la végétation présente il y a des milliers d’années. On peut aussi les observer dans le miel pour détecter les mélanges et les fraudes.

Chaque grain de pollen possède une spectaculaire diversité de formes! Sa structure lui aura permis de traverser le temps grâce à sa composition: Il a d’abord une couche protectrice extérieure quasi indestructible (d’où les grains de pollen fossilisés datant de millions d’années !) et une deuxième membrane intérieure, faite de cellulose protégeant un bien précieux: deux cellules reproductrices, l’une pour la germination, l’autre pour la fécondation.

La surface des grains est également très variée : elle peut favoriser le vol dans le vent, la flottabilité ou encore permettre aux grains de s’accrocher aux poils des animaux. Les fleurs de myosotis produisent les grains pollen les plus petits (0.007 mm), la courge s’illustre avec des grains de 0.15 mm, un seul épillet de seigle libère quelques 50’000 grains de pollen en un jour alors que le chaton (organe mâle) de noisetier peut en libérer 4 millions. Regroupées en 500’000 inflorescences, les 11 millions de fleurs d’un chêne contiennent chacune 55’000 grains de pollens, soit plus de 600 milliards pour un seul arbre !

Chaton de noisetier (Corylus avellana)
Myosotis (Myosotis sylvatica)

Une fois de plus, la nature nous étonnera toujours. On aime et on protège que ce que l’on connaît!

Source et pour en savoir plus :

https://lalibellule.ch/wp-content/uploads/2021/01/bulletin_30.pdf

Assemblée Générale Wild Bees Project 2022

Samedi 24 septembre 2022, l’Assemblée Générale du Wild Bees Project a eu lieu dans les locaux de Pro Natura au Vallon de l’Allondon. Après une partie administrative obligatoire et néanmoins très intéressante, nous avons partagé un copieux et délicieux repas canadien. Une sortie était prévue mais la météo maussade aura contraint la Collète du lierre (petite abeille solitaire et sauvage) à rester cachée à l’abri de son nid, ne pouvant l’observer, c’est à l’intérieur, que Thierry, notre apiculteur, nous aura présenté une ruche tronc, fabriquée par ses soins. https://wildbeesproject.org/2021/05/04/une-ruche-tronc-au-fort-lecluse/ Sujet passionnant quand le bien-être des abeilles nous interpelle ! Et la journée se terminera sous le soleil!

Merci à Pro Natura pour l’accueil!

Et merci à nos invité-es et aux membres du Wild Bees Project d’avoir été présents !

On parle du Wild Bees Project!

Cette semaine un très bel article est sorti dans le minimag local « La Source ». Revue distribuée gratuitement dans les commerces, les mairies, les hôtels et les restaurants du Pays de Gex. Une vraie mine d’or d’infos et d’astuces pour les habitants de la région. Un grand merci à Claire Picoulet et Elodie Cocatrix pour avoir mis en avant, dans leur parution d’octobre, un sujet sur la biodiversité et la protection de la nature, et qui plus est, sur les abeilles sauvages!

La Source – OCT.#13
Abeilles en liberté n°15

C’est dans la revue plus spécialisée d’Abeilles en liberté (n°15) qu’un nouvel article passionnant est paru sur le chamanisme mexicain et la relation au vivant. Rosa Maria Licòn Luna, notre responsable scientifique, nous parle du chamanisme au Mexique, sa terre natale, et du lien avec les abeilles.  » Si le chamanisme existait bien avant les religions, les abeilles existaient bien avant les humains, il est donc certain qu’elles nous accompagnent dans nos rituels depuis notre apparition sur terre. Le chamanisme des abeilles est présent partout où l’on trouve l’abeille, et il pourrait être la branche la plus ancienne et la plus énigmatique du chamanisme. Si miel, pollen, propolis et gelée royale sont d’un usage médicinal connu, saviez-vous que les origines de l’acupuncture chinoise remonte à l’ancienne pratique consistant à appliquer des piqûres d’abeilles sur les méridiens du corps?….« 

Le Dauphiné Libéré a parlé de l’association du Wild Bees Project dans son édition du 26 septembre 2022. Un grand merci pour ce clin d’oeil qui aura mis en avant la question des abeilles sauvages dans notre région.

Ensemble, avec nos moyens, agissons maintenant!

Nous le savons tous, les insectes sont en danger (près de 80% des insectes ailés ont disparu en Europe en moins de trente ans), parmi eux les pollinisateurs, indispensables aux écosystèmes, à l’agriculture et à notre santé alimentaire, disparaissent.

Les principales causes sont les pesticides et la destruction des habitats naturels. A cela s’ajoutent les effets néfastes du dérèglement climatique.

Pour aider les pollinisateurs, quelques actions sont à notre portée : Sur les balcons, dans les jardins, sur les parcelles agricoles ou sur de simples bouts de terrain, chacun d’entre nous peut agir. Il suffit de semer des plantes mellifères, de ne plus tondre l’intégralité de son gazon et laisser quelques zones monter en fleurs ou en friche. Ces zones offriront une nourriture indispensable aux pollinisateurs. Surtout, ne pas utiliser de produits toxiques, phytosanitaires et engrais de synthèse et préférer les solutions naturelles. Préserver les haies et les bosquets, créer des points d’eau avec de simples écuelles.

Ces gestes, la plupart des personnes sensibles à la protection des pollinisateurs les connaissent. Pour aller un peu plus loin, voici une proposition d’arbres et d’arbustes adaptés aux conditions climatiques des années à venir et d’un grand intérêt mellifère. Des plantes supportant mieux les chaleurs et la sécheresse, les arbres de demain qu’il faudrait planter aujourd’hui.

Car, la première conséquence de la hausse des températures est l’avancement des dates de floraison et des maturités. Concernant les abeilles, les miellées seront décalées et les périodes de floraison pauvres. Le temps entre les grandes floraisons des tilleuls ou des châtaigniers et celle automnale du lierre pourrait s’allonger d’un mois.

Dans son livre « Planter des arbres pour les abeilles, l’api-foresterie de demain » Yves Darricau nous dit qu’il faut savoir que chaque degré de réchauffement équivaut à une remonté des conditions climatiques « moyennes » de vie des plantes d’environ 200 kilomètres vers le nord…. Les 2° à 3° de plus attendus pour 2050 correspondent à un déplacement des conditions de vie de plus de 400 kilomètres vers le nord : c’est beaucoup pour les végétaux – dont seules les graines se déplacent grâce au vent ou aux animaux -, qui vont être fragilisés et, pour certains, vont délaisser des territoires où ils seront devenus des inadaptés ».

Dans ce contexte, les jardiniers, les « planteurs », vous, nous, pourrions avoir un rôle important à jouer pour aider à cette lente adaptation. Les nouvelles essences, en complétant notre flore usuelle, allongeront les calendriers de floraison et assureront du pollen quasiment toute l’année.

Alors à vos pelles et pioches, c’est le bon moment !

ARBRES & ARBUSTESFLORAISON
Vigne vierge à fruits bleus (Ampelopsis brevipedunculata)Juin, juillet, août
Savonnier (Koelreuteria paniculata) –Juin, juillet, août, septembre
Châtaignier de Seguin (Castanea seguinii)Juillet, août, septembre, octobre
Arbre à papillons ( Buddleja x weyeriana)Juillet, août, septembre
Nénuphar (Nymphaea sp.) –Août, septembre
Lierre (Hedera helix)Septembre, octobre, novembre
Arbousier andrachnoïde (Arbutus x andrachnoides) –Novembre, décembre, janvier
Viorne tin (Viburnum tinus) –Novembre, décembre, janvier, février, mars
Buddleia officinal (Buddleja officinalis) –Décembre, Janvier, février
Ajonc (Ulex europaeus) –Décembre, janvier, février, mars
Cornouiller mâle (Cornus mas) –Février, mars
Noisetier commun (Corylus avellana) –Février, mars
Saule (Salix sp.) –Février, mars, avril
Cyprès d’Italie (Cupressus sempervirens var. pyramidalis) –Mars
Erable de Naples (Acer opalus) –Mars
Peuplier Baumier (Populus trichocarpa) –Avril
Retrouvez toutes les plantes et tous les conseils dans le livre « Planter des arbres pour les abeilles, l’api-foresterie de demain » Yves Darricau

Sortie Wild Bees Project – Sur la piste des bourdons – 7 mai 2022

Andrène cendrée (Andrena cineraria) Abeille sauvage

La première sortie terrain du Wild Bees Project était bien ventée et fraîche sur les pentes exposées du Mont Mourex !

Malgré tout, nous avons réussi à observer et photographier quelques insectes, tous pollinisateurs.

Entre orchidées sauvages, alisiers blanc et tapis de saponaire, de remarquables abeilles sauvages nous ont fait l’honneur de leur présence. Le bourdon, lui, est resté bien discret !

Prochaine sortie le 11 juin 2022, réservez votre ½ journée pour en apprendre encore plus sur les abeilles sauvages et les pollinisateurs de notre région.

« On ne protège bien que ce que l’on connaît! »

A bientôt, l’équipe du Wild Bees Project.

Le Wild Bees au Jardin Botanique

Dimanche 10 avril dernier, l’équipe du Wild Bees Project s’est rendue au jardin Botanique de Genève afin d’assister à une conférence sur les abeilles. La conférence et l’atelier ont été assurés par notre collègue de l’association, le Dr Vet. Rosa Maria Licon Luna.

« Abeilles, productrices de miel ou pas, solitaires ou sociales, mais toutes pollinisatrices » était le thème. La biodiversité des plantes et la biodiversité des abeilles sont étroitement liées, et cela va plus loin que l’apiculture et que les abeilles à miel.

Merci à toutes les personnes présentes, un beau moment d’échange sur les abeilles dans le cadre enchanteur du jardin botanique !

Le Wild Bees Project a besoin de vous

L’association recherche du monde pour renforcer son équipe ! Les personnes qui souhaiteraient s’impliquer, même peu, mais suffisamment longtemps et régulièrement pour participer à l’avancement des projets de sensibilisation, de protection et d’étude des abeilles sauvages, sont les bienvenues.

Envie de sensibiliser le jeune public? Mais vous n’avez pas de compétences en apiculture ? Ce n’est pas un problème ! Si vous avez un intérêt pour l’environnement et les pollinisateurs, contactez-nous, nous vous montrerons le chemin !

Envie de découvrir les ruches et les pratiques durables et respectueuses en apiculture ? Vous pourriez nous suivre au rucher du Fort l’Ecluse.

Envie de photographier, reconnaître, communiquer autour des insectes pollinisateurs ? Alors rejoignez-nous, le Wild Bees a besoin de vous!

Vous pouvez nous contacter, par mail, à l’adresse suivante: info@wildbeesproject.org